Il rêvait de bâtir une ville où chacun pourrait se sentir à sa place — une ville dont tous les Edmontoniens seraient fiers de se dire citoyens.
Lorsque je suis entrée dans son bureau pour notre dernière entrevue, une phrase a immédiatement attiré mon attention sur le mur derrière lui :
« Un Edmonton pour nous tous. »
Ces six mots résument à eux seuls le parcours du maire Amarjeet Sohi — et la vision de la ville qu’il a dirigée avec cœur, humilité et détermination.
Dès son premier jour en fonction, en octobre 2021, le premier maire non blanc d’Edmonton a clairement annoncé la couleur : l’inclusion ne serait pas qu’un slogan, mais une véritable mission.
Sa toute première motion en tant que maire fut de créer une stratégie municipale de lutte contre le racisme, élaborée en collaboration avec le Comité consultatif sur le racisme et les communautés locales. Ce plan visait à poser des actions concrètes et mesurables contre la violence motivée par la haine, tout en favorisant une collaboration avec les gouvernements provincial et fédéral.
Bien que son Plan d’action contre le racisme envers les Noirs n’ait pas eu le temps d’être pleinement mis en œuvre, il a marqué une étape importante vers une ville plus sûre, juste et inclusive pour tous.
Mais la vision du maire Sohi allait bien au-delà de la lutte contre le racisme…
Il a fait progresser la réconciliation, soutenu des projets de logement dirigés par des communautés autochtones, et travaillé sans relâche pour aider les plus démunis. Sous sa direction, la capacité d’hébergement de la ville a plus que doublé, et les normes de soins pour les populations vulnérables se sont nettement améliorées.
Il a également obtenu d’importants financements provinciaux pour la revitalisation du centre-ville, accru les effectifs policiers et renforcé le soutien à Homeward Trust — tout en s’assurant, enfin, que la province paie sa part des taxes municipales.
La sécurité publique est devenue un thème central de son mandat. Grâce à l’expansion du corps des agents de paix du transport en commun et à la croissance des équipes de réponse aux crises, son administration a privilégié une approche fondée sur la compassion et la prévention.
En réfléchissant à son passage à la mairie, il a partagé un message empreint d’émotion :
« Si je devais vous laisser une seule chose, ce serait celle-ci : servir ma communauté comme votre maire a été le privilège de ma vie. Je suis profondément reconnaissant pour tout le soutien et les progrès que nous avons réalisés ensemble. »
Son chapitre en tant que maire est désormais clos, mais son empreinte demeure — dans les politiques, dans les progrès, et dans cette conviction inébranlable qu’Edmonton peut réellement être une ville pour nous tous.

